Découvrons le système éducatif Finlandais grâce à Annika Bourgogne

L’école finlandaise représente, depuis plusieurs années, la réussite scolaire. Nous avons souhaité en savoir un peu plus sur le système éducatif finlandais en interrogeant une enseignante en français et en anglais dans une école finlandaise, qui intègre le primaire et le collège.

Annika Bourgogne, fondatrice de Be-Bilingual et enseignante en Finlande, a donc bien voulu participer à notre interview et nous éclairer sur cette réussite éducative si désirée par le système éducatif français.

 

1. Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
Je suis enseignante en français et en anglais dans une école finlandaise, qui intègre le primaire et le collège. Mes élèves ont entre 9 et 16 ans et étudient ces langues comme première ou/et deuxième langue étrangère.
En plus de mon travail d’enseignante, je fais indépendamment de la recherche sur le bilinguisme familial et je suis en train d’écrire un livre électronique à ce sujet.

 

En savoir davantage sur le système scolaire finlandais…

2. Que pouvez-vous nous dire sur le système scolaire Finlandais ?
Les enfants commencent l’école à l’âge de 7 ans et la scolarité est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans. On appelle ces neuf années l’école fondamentale (divisée en 6 + 3, un peu comme primaire et collège en France).
L’école fondamentale est donc obligatoire et gratuite (y compris la cantine et les fournitures scolaires) à tous.
Après l’ecole fondamentale, une grande partie continue au lycée, pour aboutir trois ans plus tard à l’examen du baccalauréat.

En  Finlande, il n’y a pas de système scolaire privé mais que des écoles publiques. Toutes les écoles suivent le même programme determiné par le ministère d’éducation. Il n’y a donc pas de « bonnes » ou « mauvaises » écoles  et  les élèves fréquentent d’habitude l’école la plus proche.

3. Quels sont pour vous, les points positifs de ce système et ceux qui mériteraient d’être revus totalement ou en partie ?
Pour moi, le point le plus fort est l’égalité du système finlandais dans le sens où tout le monde a les mêmes possibilités de réussite malgré le niveau social de la famille.

Une structure importante de soutien scolaire est également en place pour détecter les problèmes d’apprentissage au plus tôt et aider ces enfants. Chaque école a plusieurs enseignants spécialisés qui peuvent soit  participer aux cours pour aider ceux qui ont des problèmes, ou recevoir des élèves pour étudier dans un cadre plus calme et privé.
Si l’enseignant spécialisé n’est pas disponible, j’ai également la possibilité de demander à un autre enseignant de langue de participer à mon cours ou de faire un cours privé à un éléve qui en a besoin.
Chaque établissement dispense des centaines d’heures de soutien par an, donc on peut dire que les enfants reçoivent toute l’aide dont ils ont besoin. Il n’y a quasiment pas d’échec scolaire ou de redoublement.

Ceci dit, comme autant d’efforts sont mis en place pour que chaque éléve acquiert les connaissances nécessaires, il n’y a pas toujours les ressources nécessaires pour faire avancer plus rapidement ceux qui sont plus doués.

Encore un point positif : le chef d’établissement recrute ses enseignants et a le pouvoir de les remplacer (contrairement à la France).

4. Pour vous, et globalement, quels sont les axes d’amélioration de ce système finlandais ? 
Dans le cas de mon école, j’aimerai voir s’améliorer  la communication et la coopération entre les parents et les enseignants.

 

Un autre regard sur le système éducatif français…

 5. Connaissez-vous le système scolaire Français ? Si oui, que pensez-vous des méthodes d’apprentissage dispensées à tout niveau d’une scolarité ?

Je le connais à un certain degré, mais pas assez pour répondre à une question aussi vaste. Après avoir visité une école à Paris avec mes élèves au printemps, nous avons trouvé que l’accent était vraiment porté sur l’apprentissage par coeur. On avait trouvé cela différent de chez nous. On favorise plutôt la compréhension et la pratique. Nos élèves étaient surpris pas la quantité de devoirs des français et les gros sacs d’école à roulettes.

Encore une chose, en Finlande les profs et les élèves sont très proches et se tutoient. C’est une bonne chose et une mauvaise chose en même temps. Nous avons de très bons rapports avec les élèves, mais il faut faire attention à garder le respect.

 

Focus sur l’apprentissage des langues étrangères

6. Comment fonctionne l’apprentissage des langues étrangères en Finlande (à quel âge commence-t-il pour les enfants, y-a-t-il un suivi spécifique, des options, etc. ) ?

Les élèves choisissent une première langue étrangère à l’âge de 9 ans. Les écoles peuvent avoir un choix différent dans les langues proposées, mais les plus habituelles sont l’anglais, le français, l’allemand et le suédois.
Dans mon école, nous organisons des « douches de langue » l’année avant la sélection pour montrer aux élèves que les langues comme le français ou l’allemand sont de très bons choix aussi (l’anglais a tendance à l’emporter).
L’année d’après, à 10 ans, ils ont la possibilité d’en choisir une autre et trois ans plus tard encore une autre. Il y a deux heures de cours par semaine (par langue).

7. En tant qu’enseignante, trouvez-vous le système d’apprentissage efficace ? Quels sont les moins, les plus d’après vous ?
Efficace, oui et non. Les cours sont efficaces, nous étudions beaucoup la langue vivante, par la dialogue, jeu de rôle etc.
Par contre, deux heures par semaine ne sont pas suffisantes pour apprendre une langue. Il faut donc la travailler en dehors des cours aussi.

8. Avez-vous des méthodes clés pour faciliter l’appropriation d’une langue ?
Il faut rendre l’apprentissage ludique et pragmatique (lié à leur vie de tous les jours). L’apprentissage ne peut rester théorique, une langue sert avant tout à communiquer avec d’autres personnes. Il faut essayer de créer des situations où l’utilisation de la langue est nécessaire et intéressante. Avec les « collégiens » (même si nous ne les appelons pas ainsi) nous faisons des échanges par internet avec des écoles anglophones, par exemple.

 

La place des nouvelles technologies dans le processus d’apprentissage…

 9. Nous parlons beaucoup de l’intégration des nouvelles technologies dans l’apprentissage scolaire, êtes-vous confrontée à ces nouveautés, et utilisez-vous, personnellement, certaines de ces technologies durant vos cours ?
Nous utilisons l’ordinateur avec Internet et Smart board.

10. D’après vous, l’intégration de ces nouvelles technologies est-elle une solution efficace pour l’apprentissage des enfants ? Est-ce un bon moyen pour conserver l’attention des élèves et faciliter leur apprentissage ?
Cela peut être utile et je m’en sers pour corriger les devoirs / d’autres exercices / chercher des matériaux liés à la culture de la langues que nous étudions.
Toutefois, je privilégie la communication en langue étrangère dans ma salle de classe.

Afin de compléter cette interview,  nous vous conseillons de visualiser cette courte vidéo où Rita, une finlandaise installée en France, nous explique sa vision du système scolaire français :

 

Il parait évident que l’élève finlandais a une place centrale dans le système éducatif. Il est considéré à sa juste mesure et peut vivre son parcours scolaire de façon optimale.

Quant au système éducatif français, de nombreuses questions nous viennent à l’esprit mais ce que nous devons soulever en priorité est bien si notre méthode d’enseignement mérite une refonte globale ou une simple amélioration ?

Un grand merci à Annika Bourgogne pour nous avoir accordée cette interview.

MyChildrenPlanet

 

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